Perles du 911

Perles du 911

Les sacrifiés du 11 septembre (LCP - 11 septembre 2008)

 

Reportage diffusé 7 ans après le 11 septembre 2001, sur les 40.000 pompiers, secouristes et professionnels du bâtiment qui sont intervenus pendant 9 mois sur Ground Zero. Cette vidéo montre l'un des vrais scandales de la gestion post-attentats des pouvoirs publics américains (en plus des prétextes invoqués par l'administration Bush pour mettre la main sur l'Irak, pays producteur de pétrole).

Aujourd'hui, beaucoup de pompiers sont morts ou gravement malades (leucémie, cancer du colon, fibrose pulmonaire, silicose, ...), victimes de cet environnement toxique. Certains ont depuis tout perdu : travail, assurance maladie, logement et même leur famille. Ils tentent de survivre, délaissés par leur gouvernement qui refuse toujours de reconnaître le lien entre leur pathologie et l'endroit où ils ont travaillé.

Dr Philippe Landrigan, épidémiologiste : « Tous ceux qui ont été confrontés à la catastrophe ont été exposés à un cocktail de produits toxiques à un point jusqu'alors jamais atteint. Les poussières étaient composées aux deux tiers de ciment pulvérisé. C'est une substance très caustique, d'un pH de 10 ou 11. Les gens qui ont inhalé ce ciment pulvérisé ont eu leur système respiratoire gravement atteint. Cela a également endommagé leur oesphage, lorsqu'ils ont avalé ces poussières. Il y avait d'autres produits toxiques : amiante, dioxine. Les deux premiers jours, il y avait du benzène. Il y avait des pesticides, des composants chlorés et des hydrocarbures cycliques. »

Walter Hang, consultant en pollution : « Mes données montrent que des milliers de litres de kérosène ont été largués lorsque les avions se sont écrasés contre les tours. Plus de 500.000 litres d'huile pour transformateurs, de liquides diélectriques, et autres produits toxiques ont été dispersés du fait de l'effondrement des bâtiments. (...) L'amiante est toxique. Le benzène et les métaux lourds aussi. Mais les dioxines et es dibenzofuranes sont extrêmement toxiques. (...) Je crois qu'on a jamais connu ça. Ça aurait dû être un signal d'alarme. »

Suzanne Mattei, auteur du rapport Air Pollution and Deception at Ground Zero : « Nous avons perdu plus de 300 pompiers en un jour. Mais dans l'année qui a suivi, nous en avons perdu deux fois plus parce qu'ils étaient malades ».

Allan Tannenbaum, photographe : « Voici Greg Quibell, un gardien de prison de l'Etat de New York. Il est à l'hôpital universitaire de Shore, à Long Island, après une chimiothérapie pour sa leucémie. Cette une photo très dure. Elle montre un homme, autrefois fort et solide, ravagé par la maladie. Il est si maigre, le visage émacié. Ca fait peur.  »

 

(Greg Quibell, source)

 

Allan Tannenbaum, photographe : « Voici l'officier de police Cesar Borja. Il était officialisé pour une fibrose pulmonaire. Quand je l'ai vu avec tous ces tubes, je me suis dit qu'il n'en sortirait pas. Il est mort trois jours plus tard. J'ai photographié plus de trente personnes. J'en ai encore beaucoup à photographier. Je le fais à temps perdu, sur mon propre budget, par passion. Je pense que cette histoire doit être racontée. »



 (Cesar Borja, source)

 

Ces héros d'hier, que soutenait George Bush sur Ground Zero, sont surtout devenus les victimes de l'incurie des autorités américaines.

 


(Marvin Bethea, source)

 

Ground Zero était une soupe toxique : amiante, fines poussières de ciment, huile de transformateurs électriques, restes de matériel électronique (ordinateurs, ...) et métaux lourds dans des ruines restant fumantes pendant 3 mois. De surcroît, les masques respiratoires mis à la disposition des intervenants étaient en quantité insuffisante et souvent inadaptés. 

Dr Iris Udasin, médecin du travail, Université de médecine du New Jersey : « Les symptômes les plus largement répandus à l'exposition au chantier de Ground Zero sont la toux, l'écoulement post-nasal, la congestion nasale, la rhinorée, des affections des sinus, une expiration sifflante et un état asthmatique. On commence à avoir des patients atteintes de cancer et de fibroses pulmonaires. Nous sommes en 2008, et voilà des gens dont l'état de santé est pire qu'en 2001. »

Walter Hang, Président de Toxic Targetting, consultant en pollution : « Les effets de l'amiante peuvent se révéler jusqu'à 40 ans après l'exposition. Les dioxines, les dibenzofuranes... Tous ces produits ne tuent pas sur le coup. Mais ils se concentrent dans la masse graisseuse et au fil des années le risque de développer des maladies chroniques et des cancers va s'accroissant. »

Joseph Zadroga, père de James Zadroga, pompier new-yorkais décédé : « Il recherchait les victimes dans les décombres. Au départ, il recherchait des survivants. Bien sûr, il n'a trouvé personne. Ensuite, il a participé à la recherche des corps. Tout ce qu'on lui a donné, c'était des masques en papier. Au bout de cinq minutes, ils étaient encrassés. Quand il est revenu du site, il s'est mis à tousser. Il recrachait des saletés. Le matin, il recrachait des particules. Au départ, il trouvait ça normal, vu le temps passer là-bas. Il ne s'est pas posé de questions. Il a continué de tousser et puis il a entendu parler de la toux du World Trade Center. C'est là qu'il a compris ce qu'il avait. »

 


Linda Zadroga, mère de James Zadroga : « Ce médecin lui a dit, c'était en novembre ou décembre 2001, si vous ne trouvez pas comment soigner les gens qui étaient sur place, dans 3 ans vous serez aveugle, et dans 5, vous serez mort. Il pouvait à peine lire et il est mort 5 ans plus tard. Un médecin a dit que c'était une silicose. Ils ne peuvent pas l'indiquer à cause du décès parce que c'est la maladie des mineurs. Mais regardez : ce sont ses poumons. Voilà comment ils étaient. Ils ont trouvé du verre, des fragments d'os, des poussières. Ils ont trouvé un tas de trucs. »

Dans son rapport d'autopsie, il est clairement écrit « La cause de sa mort est une conséquence directe du 11 septembre ».

Les personnes atteintes sont avant tout victimes d'un mensonge officiel, mensonge selon lequel les composés organiques volatils (COV) étaient « à des doses qui ne posent aucun problème pour la santé [sic] » (Christie Todd Whitmann, Agence pour la Protection de l'Environnement, EPA).

 


(source)


Suzanne Mattei : « Il y a eu plusieurs déclarations rassurantes. Plusieurs communiqués affirmaient que l'air n'était pas pollué. Il y a eu des auditions publiques où l'EPA a été interrogée et a maintenu ce qu'elle affirmait. Si l'EPA s'était simplement abstenue de tout commentaire, ça aurait été mieux pour tout le monde. Parce que les gens se seraient fait leur idée tout seuls. Ils auraient regardé le ciel, ils auraient regardé la poussière qui recouvrait le sol, les bâtiments. Ils se seraient dits 'C'est grave'. En reniflant, ils auraient pensé 'Ca sent mauvais. Je ne devrais pas respirer ça'. »

 

John McNamara, ex-pompier newyorkais, 2 mois passés sur le site du WTC, atteint d'un cancer du côlon : « J’aimerais que la ville reconnaisse. Ils nient encore que les cancers sont liés au World Trade Center. Ils sont peur d’admettre leur responsabilité. Question d’argent. Ils ne veulent pas être poursuivis. Il y a un problème de responsabilité. S’ils disent que ces cancers sont dus à l’attentat, ils devront payer. Là, ils essaient de faire payer le gouvernement. C’est la guerre entre eux. Tôt ou tard, il faudra bien que quelqu’un paye. Le gouvernement ou la ville. »

 


(John McNamara, source)

 

John McNamara : « Sur le site, je n’ai pas trouvé un seul ordinateur, un seul téléphone, une seule chaise, un seul bureau. Tout avait été pulvérisé, réduit en poussière, à néant. Quand on trouvait un fragment de corps, c’était un jour faste. »

 

 

 

Suite au 11 septembre 2001, les sauveteurs ont été galvanisés par un beau discours du président George W. Bush, mais non suivi des faits : « L'Amérique envoie son amour et sa compassion à tous ceux qui travaillent ici. Merci pour vos efforts. Merci, nous sommes fiers de vous. Que Dieu bénisse l'Amérique. »

Suzanne Mattei : « Nous avons reçu très peu d'aide. Le programme a bien mis en place un programme de surveillance médicale, mais il n'y a que deux ou trois ans qu'ils ont commencé à donner de l'argent pour les soins médicaux. Ils ont pratiquement ignoré l'impact économique. Je connais quelqu'un qui travaillait à Ground Zero. Il avait une maison. Aujourd'hui, il vit dans le sous-sol. Il loue le reste de sa maison parce qu'il n'a plus les moyens. C'est sa 'récompense' pour avoir répondu à l'appel après contre attaque contre notre pays. C'est terrible. Ca ne devrait pas exister. »

Freddie Noboa, ambulancier, 1 mois passé sur le site du WTC : « J'étais chef ambulancier. Ca faisait 34 ans que j'étais rattaché aux services d'urgence. Je suis arrivé le soir même, vers 22 h. Mes premiers symptômes sont apparus quelques années plus tard, en 2004. De là, ma santé s'est détériorée. Depuis l'année dernière, j'ai des choses incurables. Je suis aveugle de l'œil droit, j'ignore pourquoi. J'ai développé un diabète, de l'hypertension, de l'arthrite dans les membres, j'ai eu 2 opérations, il m'en faut une 3ème. Et ils m'ont trouvé de l'asthme, des problèmes d'estomac. Je fais des apnées du sommeil, des cauchemars horribles suite au choc. Je prends 15 médicaments, moi qui n'avais rien pris de toute ma vie. Ma santé se détériore de jour en jour. (...) Quand Bush a fait son discours au WTC, et qu'il nous a promis que tous les soins médicaux seraient pris en charge par le gouvernement, je ne sais pas s'il l'a dit l'a dit à des fins électorales, parce qu'il a été réélu après ça. Depuis, il nous a oubliés. Plus un mot sur le sujet. On a été trahis, ou plutôt, abandonnés. Je ne pensais pas qu'un jour le gouvernement nous tournerait le dos. »

 


(source)

 

N'assumant pas le mensonge officiel selon lequel l'air de Ground Zero était "sain", le gouvernement fédéral US n'a finalement apporté que très peu d'aide. Sa préoccupation principale qui l'a emporté sur toute autre chose a été de relancer Wall Street et l'économie, afin de donner l'impression d'un retour à la normale aussi vite que possible. C'est ce qui a primé sur la protection de tout ceux qui ont travaillé sur Ground Zero dans les mois qui ont suivi les attentats. Aux yeux des pouvoirs publics américains, la vie humaine ne semble pas peser bien lourd face à la loi du marché...

 

De nombreux intervenants à Ground Zero ont sombré dans une situation financière dramatique à cause de la dégradation de leur état de santé. A défaut d'aide publique, John Feal, ancien contremaitre en démolition, fait appel à la générosité des particuliers via la Fealgood Foundation. Les fonds recueillis sont redistribués, dans la limite de ses possibilités, aux courageux sauveteurs trahis par leur gouvernement.

 

 

Scott Aline, conducteur d'engin, deux mois passés sur le site du WTC : « En ce qui me concerne, la Fealgood Foundation a été la seule dans toute cette histoire, à aider ma famille. »

 

Patricia Rooney : « Voir mon mari souffrir pendant 3 ans a été un supplice. C'était un homme merveilleux, mon meilleur ami et un père formidable. (...) Quand il es tmort, j'ai perdu mes allocations. L'assurance Accident du travail a réjété son dossier en disant qu'on ne pouvait pas prouver la cause de sa maladie. Il n'a pas eu la même pension d'invalidité que les policiers et les pompiers en uniforme. Il s'est battu pour une pension à 75%, mais il n'a rien eu. (...) Je suis très en colère. Je vais continuer le combat qu'il a mené. On a trois enfants. Je vais me battre pour eux. »

 

Joseph Zadroga, père de James Zadroga : « Le jour de l'anniversaire de mon fils, je me suis rendu à Ground Zero. On a fait une quête pour les survivants. Des milliers de gens sont passés devant moi et n'ont rien donné. Je leur demandais juste de donner leur petite monnaie. Mais rien ! Pas même 25 cents. Parfois, je ne comprends pas ce pays. »


Joseph Zadroga : « [Michael] Bloombreg [maire de New York] était dans une université, je ne sais plus laquelle. Il s'exprimait devant l'assemblée. Il a dit que Jimmy n'était pas mort à cause des débris dans ses poumons ni de son travail sur le site du World Trade Center, mais à cause d'une mauvaise utilisation de l'antidouleur qu'il se serait injecté. Sur le coup, ça m'a laissé sans voix. Je n'arrivais pas à croire qu'on puisse démolir la réputation d'un homme de cette façon. Tout ça pour que la ville n'ait rien à payer ou pour éviter les procès. Même s'il s'est excusé plus tard pour ses déclarations, dès qu'une chose est dite, beaucoup de gens vont la croire. »

 

Joseph Zadroga : « Je lui ai demandé : 'Jim, vu ton état maintenant, est-ce que tu referais ce que tu as fait ?'. Il m'a répondu : 'Oui, je le referais. C'était mon travail, mon devoir. Je le referais.' »

 

Freddie Noboa : « Non, je ne le referais pas. C'est dur à dire. Je ne suis pas égoïste en disant ça, mais personne ne se soucie de moi. Personne ne vient prendre de mes nouvelles. Le gouvernement ne me dit pas 'On se soucie de vous, on va vous aider'. Rien ! Alors, non, je ne le referais pas. »

 

Frank Silecchias : « Je le referais. Parce que c'est dans ma nature. »

 

Lee Alinen, épouse de Scott Aline : « Franchement, si quelque chose se produisait à nouveau, je le supplierais de ne pas y aller et il irait quand-même. »

 

40.000 hommes et femmes ont travaillé sur le WTC. 70 % d'entre eux sont malades ou invalides et des dizaines ont morts : "Plus le temps passe, plus les gens veulent oublier et tourner la page. Les gens de Ground Zero aimeraient tourner la page. Mais ils ne peuvent pas parce que les problèmes sont toujours là. Ground Zero est gravé en eux. Il est dans leurs poumons, dans leur corps et il affecte leur vie d'une façon considérable" (Suzanne Mattei, auteur du rapport Air Pollution and Deception at Ground Zero).

 

Liste des morts des suites du 11 septembre 2001 :

  • Thomas Brophy
  • Ronald E. Weintraub
  • Philip Rooney
  • Glenford Pennington
  • Ray Hauber
  • John Siomos
  • Tim Keller
  • Makr DeBiase
  • Kevin M. Delano
  • Madeline Caro
  • Bob Shore
  • Brian Ellicot
  • Joseph Costello
  • Felicia Dunn-Jones
  • Brian Ellicot
  • Deborah Reeve
  • James Godbee
  • James Zadroga

 
Note
 

Dans sa réalisation 11 septembre Le nouveau Pearl Harbor, un certain Massimo Mazzuco fait l'amalgame entre sa théorie de l'inside job et le scandale relaté ci-dessus. Puis il termine sa vidéo avec ces 2 questions :

 
Si vous aviez connaissance de l’existence d’indices solides contredisant la version officielle, et suggérant l’implication de réseaux mafieux au sein du gouvernement US dans ces attaques terroristes, serait-il plus antipatriotique ou antiaméricain de demander une nouvelle enquête, ou bien de faire la sourde oreille et de prétendre que de tels indices n’existent pas ? 
 

S'il y avait des indices sérieux, ce ne serait ni antipatriotique ni antiaméricain de demander une nouvelle enquête. Mais, venant de Massimo Mazzuco et plus généralement des " truthers", cette question est de toute façon hors sujet. Où sont les indices sérieux ? Est-ce que cela fait crédible de demander une nouvelle enquête sur la base d'arguments pseudo-scientifiques ? La pseudo-science mène à l'obscurantisme, et l'obscurantisme mène aux périodes les plus sombres de notre histoire...


La confiance des citoyens dans leurs institutions est d’une importance vitale pour la cohésion d’une nation. Dans ces conditions, cette confiance est-elle mieux servie en niant les indices d’un coup monté, ou en traduisant les suspects en justice ?
 

La théorie de l'inside job, et plus généralement les théories du complot, reposent également sur la paranoïa. Contribue-t-on au maintien de la cohésion d'une nation en déversant le poison de la paranoïa ? En matière de théories du complot, Massimo Mazzuco n’en est pas à son premier coup d’essai...

 

Peut-on vraiment aider les pompiers new-yorkais en faisant l'amalgame entre la théorie de l'inside job et le scandale de l’incurie sanitaire des pouvoirs publics américains au sujet de la qualité de l’air de Ground Zero ? Ne vaut-il pas mieux verser 100 dollars directement à l'association World Trade Center Rescuers Foundation plutôt que gaspiller 95 dollars en passant par Building What ou l’AE911truh ? Et pour aider à traduire un jour en justice les responsables de l'incurie sanitaire de Ground Zero, ne vaudrait-il pas mieux faire connaître et/ou reproduire le reportage ci-dessus ?

 

 
Voir aussi :


11/11/2013
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